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LA CAE CLARA : 20 ans d’audace entrepreneuriale

C’est avec tristesse mais la lucidité de tout le travail accomplis durant 20 ans que je vous annonce la fin de l’activité de la CAE CLARA.

Après 20 ans d’audace, la CAE CLARA cesse ses activités, marquant la fin d’un chapitre historique pour l’entrepreneuriat culturel parisien. Véritable laboratoire de l’Économie Sociale et Solidaire et des SCOP, la structure a transformé la précarité du secteur en une force collective, accompagnant 900 artistes vers l’entrepreneuriat salarié et générant près de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires. Malgré une performance économique forte, la coopérative cède sous le poids de difficultés financières et des inquiétudes des sociétaires face à ce qui était une nécessité impérieuse d’un changement de modèle économique qui n’aura pas eu lieu. Pourtant, l’héritage reste vivant et les réalisation une histoire entrepreneuriale forte. Tout ceci étant une preuve concrète que la mutualisation est la clé de la liberté de créer que nous souhaitons célébrer.

Être une SCOP à Paris, berceau de l’innovation culturelle et de l’ESS

De l’accompagnement à l’entrepreneuriat, de la sécurisation avec un CDI jusqu’à l’impact social en passant par la multi-activité, toutes les situations particulières partagées et échangées ont permis une audace entrepreneuriale inédite et un développement de projets culturels et d’entrepreneuriats créatifs d’une nouvelle dimension. Durant 20 ans Paris a servi de laboratoire pour démontrer que la coopération transforme la précarité en force collective. Depuis 2007, la CAE CLARA a ancré l’entrepreneuriat culturel dans l’économie réelle, prouvant qu’il est un moteur de développement social structurant. Paris étant une source d’innovation créative permanente la CAE y a trouver sa place et son audace pour innover activement et contribuer fortement au rayonnement des SCOP et de l’ESS dans la capitale.

La transformation sociale : des chiffres éloquents

L’accompagnement individualisé a toujours été notre force et le bilan humain est marqué par la réussite de 900 entrepreneurs-artistes qui ont sécurisés leurs activité(s) avec un CDI dans notre SCOP CAE. Pour faire connaitre l’entrepreneuriat collectif et l’ESS L’impact est massif avec 3 740 personnes sensibilisées au modèle coopératif. L’héritage se traduit aussi de nombreux projets, de nombreuses créations, groupes de travail et marques collectifs mais aussi 18 événements grand public emblématiques qui ont marqués le paysage parisien de pop’up, en conférences annuels, un festival place des Abbesses, des show-cases et des galeries et universités investies pour présenter l’innovation sociale de l’entrepreneuriat culturel 3

collectif créatif. Mais avant tout un projet d’accompagnement a l’entrepreneuriat culturel grâce à des services mutualisés de qualités et adaptés à chaque évolution professionnelle.

Une performance économique au service de l’intérêt général non négligeable

En 20 ans et avec des artistes ma CAE a généré 40 millions d’euros de chiffre d’affaires, réinjectés dans l’économie territoriale sous forme de salaires et de cotisations. Avec seulement 9 % de soutien public, elle a fait preuve d’une efficience remarquable, transformant chaque euro d’aide en dix euros de richesse créée par les entrepreneurs eux-mêmes pour accompagner des demandeurs d’emploi à devenir des salariés et les pérenniser dans leurs activités professionnelles culturelles/créatives/audiovisuelles, etc

La fin en 2026 – Le paradoxe de l’essoufflement du lien collectif

La clôture en mars 2026 résulte d’une conjoncture et de craints (cumul perte de financements FSE, défaillances d’un ancien expert-comptable, choix démocratiquement votés par les sociétaires de ne pas faire évoluer le modèle) mais aussi d’une crise du lien coopératif. Les craintes individuelles l’ont emporté sur l’intérêt supérieur lors d’un vote décisif. Cette issue rappelle que l’immobilisme est fatal pour les entreprises et que la confiance mutuelle est le seul rempart face aux crises, même si parfois pour cela certains coopérateurs doivent individuellement changer de chemin.

La pérennité comme objectif de l’entreprise doit être compris

Dans les SCOP le sociétariat est une haute responsabilité qui ne doit pas devenir un frein à la résilience économique, malheureusement la participation démocratique a montré ses limites. Le refus de valider les plans de redressement a précipité la cessation de paiement. Cette fin de cycle interroge sur la gouvernance : l’intérêt général doit rester la boussole, même en période d’inquiétude car la pérennité d’une SCOP comme outils pour les salariés doit toujours être la priorité, et sur du long terme.

L’énergie des collaborations structurantes

En 20 ans, CLARA a brisé les silos entre les disciplines du secteur culturel et audiovisuel pour créer une véritable communauté de destin entrepreneuriaux. En mutualisant les risques, elle a offert une liberté d’entreprendre inédite et des solutions individuelles réplicables. Ce réseau constitue désormais un capital immatériel que chacun pourra porter vers de nouveaux défis professionnels avec la continuité d’activités auprès d’autres CAE ou dans des CAE CULTURE du réseau Coop culture ou sur le réseau whatsapp et linked’in d’entrepreneurs-culturels qui verra le jour le 31 mars 2026 pour garder un lien d’infos professionnelles.

Capitaliser sur l’expérience coopérative

Maintenant il peut nous rester au moins m’ambition de transmettre les apprentissages de ces 20 ans, y compris les raisons de la « faille finale », pour nourrir les futurs acteurs de l’ESS. Une 4

publication dédiée et le maintien du site internet permettront de laisser une empreinte durable de cette innovation sociale et de ce chapitre de l’aventure parisienne.

Coopérer pour entreprendre : une liberté protégée

L’aventure CLARA prouve la pertinence absolue du modèle des CAE. C’est une prouesse qui transforme le risque individuel en force collective, offrant aux créateurs une « liberté protégée » et mettant fin à l’isolement. Ce modèle est la réponse aux crises du travail, à condition de renforcer sa visibilité et ses pratiques pour toutes les structures CAE et les coopérateurs actuels et à venir.

Un engagement personnel et une expertise partagée

Personnellement ces deux décennies ont été d’une richesse humaine inouïe, marquées par l’évolution du cadre légal de l’ESS et la tenue d’ingénieries financières complexes (FSE, Qualiopi). Ma conviction reste intacte : l’accompagnement est indispensable pour que les entrepreneurs n’affrontent jamais seuls les difficultés qui les fragilisent. Les professionnels ont besoins d’être accompagnés pour aller + loin. Entreprendre et mutualisés sont plus que des clefs.

Révéler l’ESS et les coopérative une conclusion pour l’avenir.

Malgré la tristesse, l’ESS et le modèle coopératif demeurent des laboratoires essentiels pour nos mutations futures. Mon engagement dans l’ESS continuera au de la CAE CLARA. Si une structure s’éteint, l’idéal du « faire ensemble » doit continuer d’évoluer. C’est en tirant les leçons de cette épreuve que nous participerons aux changements de demain. Durant 20 ans j’ai participé à révéler l’ESS au plus grand nombre et aux entrepreneurs culturels. L’aventure s’arrête, mais l’ambition de construire un entrepreneuriat plus humain, plus juste et plus solidaire continue. La CAE CLARA & CLARAbis restent des expériences fortes d’histoire coopérative. Merci d’y avoir participé. Merci d’en garder le souvenir ensemble.

Bien confraternellement et coopérativement,

Myriam FAIVRE

Directrice – CAE CLARA